LE TÉFÉCÉ ET L’EUROPE #3 : 1987

Marcico contre le Panionios Athènes

La saison 1986-1987 (cf épisode 2) fut grandiose, pleine d’émotions. L’élimination du Naples de Maradona, un 16e de finale contre le Spartak Moscou, et même une 3e place qui vient clôturer une saison plus que réussit.

Le club se retrouve propulsé dans une autre dimension ! Le TFC ne cesse de grandir, et les attentes également. Il se doit de confirmer les espoirs autour de son nouveau statut : celui de club européen. Car pour la deuxième fois consécutive, Toulouse participe à la coupe UEFA. Seule différence ?

Il n’est plus le petit poucet qui découvre l’Europe, mais désormais celui qui a fait tomber Maradona. Les attentes pour la saison 1987 sont alors gigantesques.

Surtout que l’équipe change peu. Quelques départs, comme celui du défenseur Jean Jacques Marx après cinq saisons en terre toulousaine (173 matchs)

Mais le mercato est surtout marqué par l’arrivée d’un attaquant emblématique du football français du fait de son passage à Saint-Étienne et de son rôle dans l’équipe de France des années 80 (victoire à l’Euro 1984 et deux fois demi-finaliste des Coupe du monde 1982 et 1986) : Dominique Rocheteau.

Dominique Rocheteau sous les couleurs de Toulouse

Avec un effectif aussi complet, on est en droit de rêver ! En début de saison, l’entraîneur Jacques Santini peut même se permettre de laisser sur le banc certains joueurs.

Lors de la deuxième journée de championnat (TFC- Laval), il ne titularise pas Dominique Rocheteau, remplacé par Eric Bellus. Un choix d’autant plus surprenant que celui que l’on surnomme « L’Ange vert » est l’auteur du premier but de la saison (J1 TFC 3-1 Montpellier).

Rebelote au Parc des Princes, où cette fois Rocheteau et Bellus sont préférés à Yannick Stopyra.

L’Europe oubliée…

Le 16 septembre 1987, les Toulousains accueillent donc au Stadium, pour les 32e de finale, les Grecs du Panionios Athènes.

Un adversaire en théorie à sa portée. Car bien qu’il soit le plus ancien club de Grèce (1890), il est loin d’être le meilleur de la capitale et du championnat.

Ses voisins athéniens ont, alors l’habitude de rafler les titres à sa place : le Panathinaïkos, le AEK Athènes, et l’Olympiakos. Rien n’est laissé au Panionios.

Cependant le club athénien obtient sa qualification avec une 4e place au championnat.

Mais la mérite-t-elle vraiment? Pas certain… Il la doit avant tout à… une grève des clubs. En effet, 12 des 16 équipes du championnat refusèrent de jouer les trois dernières journées. 4 d’entre elles, dont le Panionios, profitèrent donc de la situation, en remportant leurs matchs sur tapis vert.

Celles-ci finiront ainsi aux quatre premières places du championnat.Un sacré coup de boost !

Mais l’équipe athénienne a tout de même dans ses rangs quelques bons joueurs. Tout d’abord, la « star » grecque Thomas Mavros, milieu de terrain de 34 ans, qui après une belle carrière à l’AEK Athènes, revient dans son club formateur. Un joueur qui peut s’avérer dangereux pour son expérience européenne et internationale mais surtout pour sa capacité à marquer des buts.

C’est tout simplement le meilleur buteur de l’histoire du championnat de Grèce (260 buts en 501 matchs). Pour l’accompagner, le buteur yougoslave Juricic.

Sur le papier, les Toulousains sont les grands favoris : expérience européenne, effectif complet. Toulouse voit revenir Passi et Bergeroo de blessures. 2 joueurs essentiels lors de l’édition précédente : Bergeroo avec le penalty arrêté de Maradona, et Passi avec son triplé contre le Spartak Moscou. En championnat, Toulouse remporte son dernier match contre Brest. De quoi être pleinement confiant ? Pas vraiment…

Car le club stagne à une simple huitième place de D1, loin des espérances du début de saison. Les fréquents changements de composition , cumulés à de mauvais résultats, suscitent des désaccords au sein de l’effectif.

Stopyra n’est pas satisfait de voir sa position de titulaire remise en cause. Jacques Santini tente d’apaiser les tensions : « Ni Stopyra, Ni Rocheteau ne sont des jokers. Il est des matchs où il convient de jouer à trois attaquants, d’autres à deux. » Mais la fracture semble être installée. A la fin de la saison, Stopyra quittera le club frustré de sa position…

Et le jeu dans tout ça? Il est également limite. A Brest, la sortie de Marcico à la 55e minute, révèle des défaillances : nu jeu haché, décousu, avec des difficultés à conserver le ballon. Pour Bernard Maligorne entraîneur de Brest, les Toulousains ont montré deux visages : un pressing important au départ, qui s’éteint à la sortie de Marcico.
Avant cela, le TFC avait également subi une lourde défaite à Monaco (5-1), ainsi qu’à Lille (2-0).
Malgré tout, ce 32e de finale ne crée guère d’inquiétudes. Plus en raison du peu de crédit accordé à la formation grecque, que par une véritable confiance qui dégage du jeu toulousain…

Et nos Violets surclassent leur adversaire avec une victoire écrasante dans un Stadium bouillant. Ils balaient facilement les grecs : victoire 5-1, un festival de buts de Passi (7e minute), Stopyra (26e), Rocheteau (48e) et un doublé de Marcico (53e et 88e). Un constat de la des individualités toulousaines, pour l’entraîneur du Panionios Urban Braems.

Le match retour apparaît alors comme une formalité. L’histoire le démontre : seulement 3 équipes ont remonté un tel score en coupe d’Europe.

Mais Toulouse se devra de gérer son match. Car s’il y a bien une leçon que les toulousains doivent retenir de leurs campagnes précédentes, c’est qu’une large victoire à l’aller n’est pas synonyme de qualification.

Les hommes de Jacques Santini gèrent bien leur avance et concluent même avec une victoire (1-0) offerte par Dominique Rocheteau à la 57e. Une victoire logique malgré quelques frayeurs. Bergeroo en sauveur, élimine tout espoir des athéniens : 25e, il arrête un penalty, 63e un tir de 15 mètres de Karamihalos , et 81e une tête de l’attaquant du Panionios grâce à une manchette réflexe.
Toulouse est qualifié et encore dans la course !

« Un aveugle contre un paralytique »

Lors des 16e de finale, le Toulouse FC rencontre l’équipe prometteuse du Bayer Leverkusen, qui participe à la deuxième compétition européenne de son histoire, et cela en seulement deux ans. Une dynamique semblable à nos Toulousains.

Mais les deux équipes sont dans une situation difficile à l’échelle nationale. Les allemands ne sont que 10e du championnat. Leur problème : marquer des buts. Leur attaque n’est que la 16e de Bundesliga.

Nos « Violets » sont eux 14e de D1 avec une mauvaise dynamique (1 seul victoire sur les 5 derniers matchs). Outre les mauvais résultats, Jacques Santini ne pourra compter sur ses « cadres » pour le match aller. Gérald Passi, Durand, Marcico, Bellus et Casini sont indisponibles. La tache apparaît donc ardue ! L’entraîneur va donc les remplacer par les jeunes du club : Michel Pavon (19 ans), l’international espoir Assadourian (21 ans) et le prometteur Michaël Debève, qui n’a que 16 ans lorsqu’il est titularisée pour la première fois en coupe d’Europe.

Pour La Dépêche du midi, le match à venir oppose « un aveugle contre un paralytique ». Des allemands incapables de cadrer un tir, contre des toulousains paralysés par ses absents. Les termes sont dits…

Michaël Debève dans le magazine Onze Football après sa titularisation en 16e de finale de la Coupe UEFA.

Les Compositions :

Toulouse FC : Bergeroo – Ruty, Tarantini, Lestage, Tihy (Espanol, 56e) – Paillard, Despeyroux, Pavon, Debève – Rocheteau (Assadourian, 76e), Stopyra. Entraîneur : Jacques Santini

Bayer Leverkusen : Vollborn- Sekler (Zanter, 21e), Goetz, Hoerster, Zechel – Rolff, Buncol, Falkemmayer, Hausmann – Cha Bum, Schreier. Entraîneur : Erich Ribbeck

Mais cette inexpérience jouera en défaveur des toulousains, qui ne repartent qu’avec le nul (1-1), malgré leurs nombreuses occasions. Un nul arraché sur un penalty de Tarantini.

En l’absence de Marcico et Passi, on a sauté les lignes et fait beaucoup de centres aériens. C’est l’aveu d’une certaine forme d’impuissance…

Yannick Stopyra décrit assez clairement le déroulé du match

Un match nul qui apparaît même comme un exploit au vu des discours d’après match.

Ils sont forts ces Allemands

Déclarera le jeune Debève.

Ils sortaient de partout et s’infiltraient dans tous les sens. J’ai été surpris par leur solidarité pour se regrouper dès qu’il y avait du danger.

Lestage partage également ce sentiment exprimé par Michaël Debève

.Le journaliste allemand M. Linnhoff décrit le Bayer Leverkusen comme « plus agressif », tandis que les toulousains « n’arrivent pas à construire du jeu au milieu de terrain ». « Les ouvertures continuelles de Tarantini sur Stopyra ne sont pas efficaces. Marcico et Passi manquent vraiment ».

Le constat est sans appel : il faudra redoubler d’efforts pour espérer s’imposer en terre germanique.

Au match retour, l’équipe est une nouvelle fois réduite. Malgré tout les « Violets » vont réaliser une belle performance avant de voir la qualification s’éloigner à la 80e sur un but de Christian Schreier (0-1).

Malgré ça les toulousains persistent. A la dernière minute, une tête de Tarantini fait frissonner le stade. Mais en vain… Le T.F.C est éliminé… par le futur vainqueur de la compétition.

Tout comme la saison précédente, on se dit que l’on aurait pu aller plus loin. Que l’on méritait plus. Que la qualification s’est jouée à pas grand-chose.

Et si il n’y avait eu pas autant de blessés ? Peut- être trop d’attentes autour de cette année ? Tant de questionnements qui s’amplifient avec la disette européenne qui attend les supporters toulousains.

Car le TFC termine seulement à la 13e place. Les Violets voient alors l’Europe s’évaporer après deux saisons à y avoir goûté, à s’y être habitué.. Débute alors une longue descente. Si longue que l’on en oublie même que le club fut européen.

Cette année 1987 n’est que le signe du début d’une période difficile. Alors comme un cauchemar, on cherche à l’oublier. On cristallise l’Europe autour de l’élimination de Maradona, symbole de réussite du club. Cette année 1986 si mémorable pour sa saveur si particulière, inédite voire peut-être insouciante. Un sentiment perdu en 1987.

Et les plus jeunes, qui n’ont pas eu la chance de vibrer des exploits de Passi, Marcico et Tarantini, se contentent désormais d’écouter leurs aïeux.

Écoutent l’histoire d’un club qui n’a rien à voir avec celle qu’ils vont voir chaque week-end. Et cela commence à faire long. Alors arrive l’année 2007.

Une saison qui apparaît comme une libération. Une nouvelle génération va (enfin) pouvoir connaître son moment d’Europe ! Aux idoles des parents se substituent les Elmander, Emana, Siriex des enfants.

Après avoir sombré en nationale, le club redonne à ses supporters, une compétition européenne. Et pas n’importe laquelle. La Ligue des Champions !

Prochain épisode : 2007- Renaissance- #4 Le Téfécé et l’Europe

Le nouveau révélateur de talent grâce aux statistiques : la Data

Source : https://toiledefond.net/comment-le-big-data-a-revolutionne-le-football-partie-1-2/

Toulouse a une avance en matière de data

Mathieu Bodmer (directeur sportif du HAC), sur le plateau du Club des 5 du 9 juin 2023.

Depuis le rachat du TéFéCé par RedBird à la veille de la saison 2020-2021, une nouvelle manière de chercher des talents voit le jour dans le club de la ville rose : la Data. Ce terme issu de l’anglais signifie « données » dans le domaine informatique.

Sur la base d’un plan de jeu basé sur l’offensive, les datas collectées sont tournées vers cette projection afin que le joueur ciblé puisse, sans trop de peine, s’adapter à un nouveau milieu mais où ses compétences intrinsèques s’intègrent parfaitement dans le collectif toulousain. La data est selon Florent Tonniotti (responsable éditorial de Coparena) représente « tous les éléments qu’on peut récolter autour de la performance. Ça peut être des données de matchs ou des données physiques qui servent à l’évaluation d’un joueur, à sa forme sur le terrain et en dehors ».

Nous allons, au cours de cette étude nous intéresser à l’histoire de la Data et voir comment elle est devenue en seulement trois saisons, le cœur de la stratégie de recrutement des « Violets » ?

RedBird est un raccourci pour parler de RedBird Capital Partners, une société de placement, notamment dans le milieu du sport étasunienne qui opère aux Etats-Unis et en Europe. Ce groupe est propriétaire du TéFéCé depuis 2020 avec une stratégie basée sur l’utilisation massive de la data.

Les premières traces de la data dans le monde du sport remonte dans les années 1960 aux Etats-Unis pour le baseball, bien que le terme utilisé soit assez différent car on parlait de Sabermétrie, c’est-à-dire, l’analyse du baseball notamment à l’aide de statistiques.

Depuis cette naissance de la première forme de data. En ce qui concerne le football, cela se développe davantage depuis la fin des années 2000 et voit une accélération dans la seconde moitié des années 2010 avec des sites comme https://understat.com/ ou bien https://football.instatscout.com.

Cette émergence dans le paysage footballistique est repérée très rapidement par les clubs directement et les directeurs data arrivent dans les plus grands clubs du monde. Grâce aux avancées technologiques considérables dans ce monde, les ordinateurs puis les Data Miner peuvent étudier les indicateurs.

Quels sont ces indicateurs ?

Les indicateurs pour étudier le football bien évidemment sont multiples, en ce qui concerne la finition il y a les expected goal (xG) qui analyse une frappe placée à un certain endroit du terrain et qui, avec les données collectées par l’ordinateur en comparant ce tir avec l’ensemble des tirs tentés dans des circonstances similaire et donne un taux de réussite entre 0 et 1.

Cela permet de voir si un joueur ou une équipe surperforme en terme de buts marqués. En effet, un tir n’a jamais un taux de finition de 100% et donc il parait intéressant de connaitre les taux de conversion pour connaitre la véritable efficacité d’un joueur afin de connaitre son niveau et sa forme comparée au niveau moyen dans ces situations de tirs.

Pour les comparaisons, les pénaltys ont un taux de xG de 0,7. Cela veut dire que le tireur dans la moyenne a 70% de convertir son pénalty face au gardien moyen.
Par exemple, le meilleur buteur toutes compétition confondues des « Violets » est le jeune néerlandais Thijs Dallinga. En Ligue 1, il termine avec 12 buts, ses xG sont de 12,99 selon understat. Il a donc « sous performé » sur la saison car il aurait dû marquer un but de plus pour retrouver sa data dans ce cas-là.

De même pour les xA, c’est-à-dire, les expected assist donc les statistiques pour connaitre le nombre de passes décisives que chaque joueur devrait distribuer.
Aboukhlal termine avec 10 buts et 5 passes décisives en Ligue 1 mais ses xG sont de 14,67, il sous performe donc en ce qui concerne ses buts, néanmoins, il surperforme nettement en passes décisive car il a 3,11 xA. C’est donc un cas assez intéressant, où les stats avancées permettent de relativiser son importance en attaque. Aboukhlal, d’apres ces données est un ailier faux pied (gaucher sur le côté droit majoritairement) qui tente beaucoup mais avec un taux de conversion assez faible mais qui quand il distribue, arrive à faire performer ses coéquipiers.

Des data sont aussi utilisées pour connaitre les zones d’attaques préférentiels des équipes, en ce qui concerne le TéFéCé, on attaque beaucoup sur les côtés notamment le droit (43%) pour avancer. C’est la raison pour laquelle, les recruteurs et le responsable data Julien Dumeaux s’intéresse au recrutement de latéraux surtout portés vers l’avant avec Suazo, Kamanzi, Desler qui sont précieux dans ce domaine. Ainsi la volonté d’avoir une identité définie et des capacités d’analyses permettant aux joueurs de s’intégrer dans le projet collectif et créer des surnombres en phases offensives.

La data fonctionne grâce à une multitude d’acteurs, les entreprises collectent les données des matchs avant de les transmettre aux clubs qui, grâce aux données et au projet mis en place choisissent des joueurs en fonctions de ses statistiques avancées. Au cours de la conférence « La Data, au cœur de la performance : analyse, protection, enjeux et perspectives ».

Jérémy Chéradame responsable data de la Fédération Française de Rugby, qui a pour mission « d’optimiser les process d’analyse de toutes nos équipes de France [de rugby] […] on essaie d’apporter par la data des arguments pour essayer d’aider les coachs […] dans les process des décisions ». Autrement dit, la data ne sert pas seulement au club, mais elle peut être utilisée aussi dans un cercle fermé pour savoir quels joueurs sont les plus performants pour un match avec une certaine adversité. De nos jours, la data est de plus en plus acceptée par les staffs et les joueurs, c’est un outil évidemment particulièrement pratique car le sport et le football notamment restent basés sur des rapports humains mais où il les sciences « brutes » ont aussi leur mot à dire en terme de performance.

Les projets sont construits avec ces données, comment utiliser et comment elles s’adaptent dans différents contextes de jeux. La base reste le jeu donc, comment l’équipe attaque, défend, joue les transitions, choisit-elle de contre-presser ou non à la perte de balle ? le choix des joueurs et des données varie donc en fonction du contexte dans lequel le joueur va se retrouver. Ainsi, les data nomment des joueurs qui évoluent dans un contexte similaire à l’équipe visée pour que les chiffres avancées puissent concorder avec ce que l’on voit du joueur.

Par exemple, en ce qui concerne Suazo, ce choix s’explique par la volonté collective de jouer l’offensive, d’où le fait de prendre un latéral qui avec le ballon se retrouve être parmi les meilleurs mais en phase défensive est davantage en difficulté.

Selon Gaultier Kertudo, avocat associé et directeur du département droit du sport, met en avant l’idée que sur les données de performance et où « il ne faut pas tout mélanger dans la présentation et bien distinguer ce qui va relever de la pure performance et des donnéees personnelles ». Ces données sont protégées juridiquement, il y a donc un filtre où certaines d’entre-elles sont sécurisées. Dans le sport, il y a donc un texte de droit commun et qu’il faut l’adapter aux différents cas de chaque sport. Effectivement, le rugby, le handball, le volleyball et le football ne s’intéressent pas aux mêmes domaines de performance chez un individu.

Evidemment, comme tout modèle scientifique, mathématique et humain les datas ont des limites. Hughes Sionis, journaliste l’Equipe a publié un article le 12 novembre 2022 nommé « Les limites de la data ». Bien que ce modèle fait ses preuves, celle-ci n’est pas parfaite évidemment. Beaucoup de critères sont « hors modèle » rappelle l’ancien attaquant du TéFéCé Cédric Fauré qui rappelle que cette science n’est pas une « science exacte » et que comme tous modele de recrutement, il y aura des ratés, c’est normal. Néanmoins, il faut aussi faire en sorte, et les datas le permettent selon moi, de diminuer le nombre ce nombre en faisant ces entretiens et présenter les projets les plus objectivement possibles.

Aussi regarder le profil des joueurs en les intégrant dans un projet collectif permet une acclimatation plus rapide bien qu’aucune donnée ne mettent en avant la capacité d’un joueur à s’intégrer dans un nouveau contexte avec de nouveaux coéquipiers, une nouvelle culture, un autre championnat qui est particulièrement intense. Tous ces éléments incalculable, le TéFéCé est au courant, et essaie de couvrir ces champs via des entretiens individuels avec les joueurs. Damien Comolli répète lors de ses différentes conférences de presse et interviews qu’il recrute des « hommes avant des joueurs ».

Aussi, il faut rappeler que le club a l’un des plus petit budget du championnat donc la qualité intrinsèque des joueurs reste limité et peut difficilement rivaliser avec de plus gros clubs et prolonger les contrats lorsque ces joueurs sont révélés est beaucoup plus compliqué à cause de ces masses salariales limitées.

C’est en cela que la data est aussi remarquable, le TéFéCé a le 19e budget du championnat mais en utilisant cet argent intelligemment, on peut surperformer au niveau des résultats. Ainsi, la connexion puissance financière et attractive par le fait est limitée par cette surperformance sportive. En revendant les joueurs ou en les laissant libre, le club fait donc de la plus-value et se rend de plus en plus attractif. Si on est recruté par le TéFéCé, on a quelque chose en plus peuvent se dire un certain nombre de joueurs, ce qui le met en confiance.

Enfin, la dernière limite est au niveau des projections. Il faut trouver le bon équilibre entre une saison réussie et une saison où les objectifs ont été remplis. En effet, le club se doit au début de la saison, faire une projection, la saison passée, l’objectif était être 11e, les expected points aussi disaient que nous devions être 11e, or on termine 13e à trois points de la place souhaitée. Peut- être que cela a en effet été vu comme une sous performance légitime pour nuancer la saison et remercier Montanier sur les travaux accomplis depuis deux saisons, ou bien est-ce la limite de cet effectif et c’est la raison pour laquelle on change l’équipe afin d’arriver à la seconde phase de ce projet ambitieux, qui est de se placer dans le top 7 de manière durable d’ici trois à quatre saisons.

Le football et le sport en général reste une science inexacte, chaque donnée doit donc être relativisée car elle s’inscrit dans un contexte particulier nécessairement différent à ce qui est mis en place dans un autre club. Prenons le cas de Dallinga qui met 33 buts en D2 néerlandaise et qui est recruté en Ligue 1 par un promu, il passe à un contexte totalement différent avec un niveau bien plus élevé, il termine donc avec deux fois moins de buts TTC : 18 buts.

Pour le TéFéCé, l’importance de la data n’est pas à négliger ni à voir son intérêt trop grand qu’il ne l’est réellement. Cela reste un outil, qui par définition permet de bâtir quelque chose mais pour cela il faut des matériaux : les données brutes, esseulées ne servent à rien, il faut savoir les manipuler avec prudence et dans un cadre d’analyse circonscrit afin d’éviter les mauvaises pioches. Il est évident que cette manière de travailler est nouveau pour les Violets, il n’empêche, qu’en a peine 3 ans, elle a déjà fait ses preuves, le projet est bien lancé, maintenant faut le confirmer et garder la tête froide car tout modèle à des limites et je crois qu’il est bon de le rappeler afin d’accepter le futur quel qu’il soit.

Bibliographie/filmographie :

https://fr.wikipedia.org/wiki/RedBird_Capital_Partners

https://www.lesviolets.com/actu/le-responsable-data-du-tfc-devoile-toutes-les-facettes-de- son-metier,67678.html

https://www.powerslide.io/blog/data-et- sport#:~:text=Une%20approche%20du%20baseball%20(%20du,la%20data%20est%20deven u%20omnipr%C3%A9sente!

https://www.lebigdata.fr/revolution-football-big-data

https://understat.com/player/10796

https://understat.com/player/10794

https://fr.whoscored.com/Teams/246/Statistics/France-Toulouse

SIONIS, Hugues « Les limites de la data », L’Equipe, Samedi 12 novembre 2022, consulté le 22 juin 2023.

Le TÉFÉCÉ ET L’EUROPE #2 : 1986.

De gauche à droite : Alberto Tarantini – Diego Maradona – Beto Marcico

Retrouvons notre club là où nous l’avons laissé…en 1970.

Toulouse redécouvre alors le football de haut niveau sous l’impulsion de Lilian Buzzichelli, qui fonde l’Union Sportive Toulouse (renommé en 1979 le Toulouse FC).

Mais cette renaissance s’accompagne d’une longue période à stagner en deuxième division du championnat… très longue…12 ans ! Toulouse est même provisoirement relégué lors de la saison 1977-1978 avec sa 16e place en D2. Mais le club peut compter sur les déboires du Red Star FC, rétrogradé administrativement, suite à un dépôt de bilan.
Ironie du sort ! La fusion du TFC au Red Star, a permis sa promotion en 1967, son dépôt de bilan permet ensuite à Toulouse de se maintenir en 1978. Deux clubs dont le destin est étroitement lié…

Le TFC rejoint, finalement, la D1 lors de la saison 1982-1983, grâce à son titre de champion de D2.

Les « Violets » parviennent, ensuite, à se hisser rapidement à une quatrième place de D1 lors de la saison 1985-1986 , synonyme de qualification à la coupe UEFA. Pour sa première participation à la compétition, le club rencontre un adversaire en plein ascension : le SCC Naples.

Car il ne faut pas s’y méprendre. Si le Napoli est bien un grand club, il lui manque ce petit élément qui permet de passer un cap : les trophées.

Naples n’a en effet jamais remporté le Scudetto (trophée de champion d’Italie). A son palmarès que 2 coupes d’Italie (1972 et 1978), équivalent de la Coupe de France, un trophée de champion de Série B en 1950, et quelques coupes amicales.

Rien de vraiment concluant. Cette situation ne convient plus aux dirigeants et supporters du club napolitain, qui subissent les moqueries des cadors de l’Italie du Nord. En 1984, Naples va donc s’offrir les services de l’argentin Diego Maradona, afin de pouvoir lutter contre le rival historique : la Juventus de Turin et sa star Michel Platini. L’argentin, qui sort de deux saisons compliquées au FC Barcelone, est recruté pour la somme record de… 12 millions de dollars !

Si l’on compare les dix saisons précédant cette année 1986, la Juventus a remporté 6 fois la Scudetto, tandis que Naples stagnait majoritairement en milieu de tableau.

Mais l’arrivée de l’argentin suscite de nombreux espoirs. L’année précédente, le Napoli termine 12e ; puis 8e (1984- 1985), et enfin 3e lors de la saison 1985-1986. Une constante ascension de la part du club italien qui espère remporter un trophée pour la saison 1986-1987. Un espoir qui s’amplifie, après la coupe du monde 1986 qui se déroule au Mexique en amont de la saison.

Diego Maradona offre, en effet, à l’Argentine une nouvelle coupe du monde, dans une compétition qu’il survole grâce à son talent…et sa main. Dans les rues napolitaines se murmure l’idée que cette année est décidément la bonne, que cela soit à l’échelle nationale, ou européenne. Mais pour ça il faut battre son premier adversaire, Toulouse.

Si le Téfécé semble ne pas faire le poids face à son adversaire, il ne compte pas pour autant se laisser faire. Le club de la ville rose dispose également de prodiges argentins : Alberto Tarantini, champion du monde en 1978, et Beto Marcico.

Outre ses joueurs d’Amérique latine, le Toulouse FC peut compter sur ses joueurs internationaux: le français Yannick Stopyra qui s’illustre également lors la coupe du monde 1986 (3e place de la compétition) avec ses 2 buts, dont un en huitième de finale contre l’Italie, et le gardien de but Philippe Bergeroo.

Après un match aller plus que tendu, dans un stade de San Paolo en ébullition, les Toulousains repartent avec une défaite, mais sur le plus petit des scores (1-0).

Les napolitains se rendent en terre occitane pour conserver leur avance. Mais le match se déroule dans un Stadium des grands matchs, avec près de 35 000 spectateurs, l’ambiance est plus qu’électrique.
Par ailleurs, la venue du tout juste champion du monde Diego Maradona apparaît comme un évènement historique pour la ville.

La une de la dépêche du 1er octobre 1986 témoigne de l’engouement de la venue de Maradona à Toulouse.

Composition :

Toulouse : Bergeroo (cap.) – Lestage, Tarantini, Ruty, Tihy – Durand, Despeyroux, G. Passi (Espanol, 75) – Marcico, Stopyra, Bellus (Marx, 120) Entraîneur : Jacques Santini

Naples : Garella – Ferrario, Renica, Volpecina (Marino, 59), Bruscolotti, Ferrara – De Napoli, Bagni, Muro (Giordano 65), Maradona – Carnevale. Entraineur : Ottavio Bianchi

Le match débute bien pour les toulousains : entre les occasions de but et les sauvetages miraculeux de Bergeroo, le match est plus que tendu. Après un bel arrêt du portier toulousain sur Carnevale, le T.F.C contre-attaque. 15e minute, centre de Marcico au point de penalty, un défenseur napolitain la dévie. Le ballon arrive dans les pieds de Passi qui s’élance pour atteindre la balle.

Cette dernière est repoussée par le portier italien Bruscolotti, puis atterrit dans les pieds de Stopyra qui s’empresse de frapper. But ! 1-0 pour les « Violets ». La folie s’empare des joueurs et du Stadium.

Malgré les occasions napolitaines, les toulousains parviennent à conserver le score. A un Tarantini et un Tihy en chefs de la défense, qui parviennent à contenir le « messie » argentin, s’ajoute les belles performances offensives de Passi, Marcico et Stopyra.

A la fin du temps réglementaire et du temps additionnel, le score cumulé des rencontres est de 1-1. La qualification se décidera donc lors de la séance des tirs aux buts.

Malgré un premier penalty raté par Stopyra, les toulousains parviennent à prendre de l’avance : 4 à 3 pour le Toulouse FC. Le sort du match est alors dans les mains de Bergeroo qui voit s’avancer devant lui Maradona. Le génie argentin s’élance, frappe le ballon qui touche le poteau et rebondit sur la cuisse du portier toulousain. Le Toulouse FC est qualifié en 16e de finale !

Après cette défaite, Maradona confiera avoir « joué le plus mauvais match de ma vie ». Le Toulouse FC a donc mis un coup d’arrêt à une équipe napolitaine en plein ascension.

Cette dernière se rattrapera en remportant son premier Scudetto à la fin de la saison, ainsi que sa première coupe de l’UEFA lors de la saison 1988-1989. Ça montre bien le potentiel qu’avait l’équipe !
Un match mémorable qui a valu la une au Téfécé dans de nombreux journaux :

Une de l’Équipe
Une de La Dépêche
Une de France Football

Passi vite :

Cette victoire des toulousains leur offre une place en 16e de finale de la Coupe de l’UEFA. Ils y rencontrent le 22 octobre 1986 au Stadium le Spartak Moscou, avec ses internationaux Rodionov, le futur toulousain Khidiatouline et Dassaev, considéré comme l’un des meilleurs gardiens du monde à cette période. Il finit même 16e au classement du ballon d’or 1986 !

Le Spartak Moscou apparaît alors comme un colosse à abattre pour les toulousains. Le club russe enchaîne, en effet, sept podiums d’affilés à l’échelle nationale, le dernier titre de champion remontant à 1979. Et à l’échelle européenne ? Sur les sept années précédant 1986, le club a participé à six huitièmes de finale. Encore une fois, Toulouse fait face à un grand.

Mais il devra cette fois se passer de Marcico, blessé à l’entraînement d’avant match. Les « Violets » bénéficient, cependant, d’un atout de taille, qui va surperformer et se révéler lors de ce match aller : le jeune albigeois Gérald Passi.

Gérald Passi contre le Spartak de Moscou en 1986.

43e Passi ouvre le score sur une reprise de volée après un amorti, direction la lucarne gauche de Dasaev. Puis malgré une réduction du score par Rodionov (56e), Passi poursuit son exploit en doublant la mise à la 67e, puis en triplant sur une action individuelle spectaculaire (82e).

« Je pars du milieu, je m’enfonce droit devant, en éliminant tous les joueurs de mes dribbles un peu bizarres, pour aller battre Dassaev » se remémore Passi (pour son troisième but). « Un but à la Pelé » commente le tout juste député de Haute- Garonne, Lionel Jospin, après le match.

Un match dont Gérald n’est pas près d’oublier !

Il fait partie des matchs exceptionnels. Mon premier but est extraordinaire. Je suis au-delà des 20 mètres, le ballon m’arrive sur un corner, amorti de la poitrine, volée dans la lunette de Dasaev. Magnifique !

Se confie Passi.

Après cette belle avance, les toulousains se rendent au stade Lénine à Moscou dans l’espoir de se qualifier au tour suivant. Mais les conditions ne sont pas en faveur du Téfécé : -17° C à Moscou, un stade de 70 000 personnes haranguées par Dassaev avant le début du match. De quoi faire une mauvaise entame de match.

Mais le défenseur toulousain Durand vient refroidir les Moscovites en marquant dès la 6e minute de jeu.

Un but que Toulouse a marqué « trop vite » pour l’entraîneur Jacques Santini. Les
« Violets » subissent, en effet, le syndrome du but d’entrée de jeu, qui joue finalement en leur défaveur. Les russes se réveillent et deux minutes plus tard Rudakov égalise.

Les français, pris par la grandeur de l’évènement, sortent de leur match, et encaissent les buts à la volée. 17e but de Rudakov. 49e but de Radianov. 78e penalty transformé par Novikov. 89e doublé de Novikov. Score final 5-1 et élimination du TFC.

Une nouvelle remontada subie par le club toulousain… Mais cela n’enlève rien à leur performance ! Les Violets découvrent juste la compétition, en cette année 1986, et font face à des habitués de la coupe. Par ailleurs, Toulouse réitère sa performance en championnat, en finissant sur la dernière place du podium de D1. Une 3e place qui luir offre un nouveau ticket pour l’Europe pour la saison suivante!

Prochain Épisode : 1987- Salut l’Europe, c’est encore nous! #3 le Téfécé et l’Europe

Cet article reviendra sur le parcours des Violets lors de la Saison 1987-1988, où ils rencontreront le Panionos d’Athènes et le futur vainqueur de la compétition le Bayer Leverkusen.

LE TÉFÉCÉ ET L’EUROPE #1 : 1966

Début juin, Damien Comolli réaffirmait, dans une conférence de presse, que le Toulouse FC participera bien à l’Europa League pour la saison 2023-2024. Suite à sa victoire en coupe de France, le Toulouse FC retrouve donc la compétition européenne après plus de 13 ans d’attente. Le tirage au sort, à retrouver le 1er septembre 2023, permettra de connaître les futurs adversaires du groupe du TéFécé. Alors que des grands noms du football européen pourraient (re)venir au Stadium, les
« Violets » s’apprêtent à écrire une nouvelle page de leur histoire.

Cet article est le premier d’une série de cinq épisodes retraçant les différents parcours historiques du club en Europe. Une histoire fragmentée au fil des décennies, souvent éphémère, mais qui marque à chaque fois sa génération, et traduit une constante capacité du club à se relever après les échecs.

Prêt pour un petit voyage dans le temps ?

Un voyage qui débute en 1966, dans une ville sous l’influence des Beatles et de son style vestimentaire… A l’affiche le nouveau film de Gérard Oury avec Louis de Funès : La Grande Vadrouille. Une autre époque !
C’est ici que nos toulousains débutent leur aventure européenne.

Du moins officiellement. Auparavant, Le T.F.C a déjà rencontré des écuries européennes lors de matchs amicaux. Sa victoire en coupe de France (1957), lui permet d’affronter le vainqueur de la FA
Cup, Aston Villa. Victoire 2-1 pour Toulouse. Par ailleurs, le TFC se
confronte aussi au Milan A.C, à l’Ajax, voire au Réal Madrid. Mais que
dans le cadre de rencontres amicales.

I ) 1966- Une remontada pour débuter…

Les Toulousains découvrent, en 1966, la coupe des villes de foire, l’ancêtre de la coupe UEFA, puis de l’Europa League. Pour leur première à l’une des grandes compétitions des années 50 et 60, le TFC se confronte au second tour au Dinamo Piteşti (Roumanie), lui aussi nouveau dans l’exercice, et son joueur phare Nicolae Dobrin, élu meilleur joueur de Roumanie en 1966 et 1967 et considéré comme l’un des meilleurs de l’histoire de son pays.

Un dicton populaire affirme que « lorsque Dieu inventa l’homme, il créa Adam et Eve. Lorsqu’ ensuite il inventa le football, il créa Nicolae Dobrin ». Ça en dit long sur la dimension du joueur !
Piteşti est une ville de taille moyenne (60k habitants) se situant à une centaine de kilomètres au Nord-Ouest de Bucarest la capitale. Sa renommée internationale ? Son secteur industriel et ses usines Dacia (Renault) dont l’installation débute en 1966.
Les joueurs du Dinamo revêtent alors un maillot… violet. L’histoire retient, donc, que le premier club a jouer Toulouse en Europe est en violet, couleur que n’arborera le TFC qu’à partir de la saison 1979-1980.

L’équipe du Toulouse Football Club en 1966-1967 :
Debout de g. à d. : A. Guissepin – J. Mouthon – M. Richard – C. Monnin- H. Cros- R. Bruneton Accroupis de g. à d. : C. Faure -J. Bernard- P. Dorsini – E. Wojciak – J-A. Redin.

Les Toulousains prennent une bonne avance au match aller (19/10/1966), en menant 3-0 devant un Stadium vidé de ses supporters ( seulement 4 000 spectateurs). Une victoire acquise par un but d’Abderhamman Soukhane (32e) et un doublé de Pierre Dorsini (42e et 45e), meilleur buteur de l’histoire du TFC avec ses 104 buts entre 1957 et 1967.

Le joueur, que l’on surnommait « Monsieur un But par Match »,« M. Canon », ou encore « le chouchou du Stadium », a fortement marqué son empreinte dans le club et dans le cœur des supporters.

Pierre Dorsini, meilleur buteur de l’histoire du Toulouse FC avec 104 buts.

Mais cette participation européenne cache des problèmes plus profond au sein du club. Entre difficultés économiques, mauvais résultats et un jeu jugé trop défensif, l’Europe ne suffit pas à mobiliser les supporters de la ville rose.

Les Toulousains se rendent donc à Piteşti (26/ 10/ 1966) avec l’espoir d’une qualification en huitième de finale. Une qualification d’autant plus envisageable suite à une première mi-temps qui renvoie les deux équipes à égalité (1-1). Une égalité acquise par un autre attaquant phare du Toulouse FC : Édouard Wojciak. Le français marqua pour le Toulouse FC de 1963 à 1967 puis à l’US Toulouse de 1973-1976, et son nom fut à l’honneur dans de nombreux chants. « Wojciak ! Wojciak » se remémore les plus anciens.

Pierre Dorsini (tout à gauche) et Édouard Wojciak (tout à droite) devant le siège social du Toulouse FC (11 allées Président-Roosevelt) en Juillet 1965

Mais le manque d’expérience des « Rouges et Blancs » se fait ressentir au retour des vestiaires. En moins de 8 minutes, les Toulousains encaissent 3 buts.

Malgré cela, les Toulousains demeurent qualifiés. Mais c’est sans compter les nombreux supporters roumains (15 000 spectacteurs) qui poussent leurs joueurs jusqu’à la dernière minute…
90e minute, but de Mihai Turcan, 5-1, élimination du T.F.C.

Programme distribué avant le match retour Dinamo Pitesti- Toulouse FC

Cette faillite européenne symbolise l’échec sportif et économique du club à l’échelle nationale. Le club termine 17e du championnat et les caisses du club sont plus que vides. Le président Doumeng est alors obligé d’acter la fusion du TFC avec le Red Star à la fin de la saison.

Une fusion avec un club à plus de 500 km. Quelle drôle d’idée ! Une sacré histoire (que l’on se devra de vous raconter). Cette décision entérine, alors, la disparition du football professionnel à Toulouse. Dû moins jusqu’en 1970…

Prochain Épisode : 1986- Le T.F.C à la Une ! #2 le Téfécé et l’Europe.

Un article qui reviendra sur le match anthologique contre le Naples de Maradona, ainsi que la nouvelle désillusion des toulousains contre le Spartak Moscou.

Merci King 💜🤍

C’est désormais officiel, Rhys Healey ne sera pas un joueur du TFC la saison prochaine. Il quitte Toulouse en étant libre de tout contrat.

Le natif de Manchester aura porté le maillot violet lors de 77 rencontres et inscrit 39 buts pour 7 passes d.

Le départ de King Rhys à énormément fait réagir la Communauté TFC :

L’Oeil de Marius #3 AS Monaco – TFC

Le Contexte du match :

Le 3 juin 2023, à l’occasion de la dernière journée de la saison de Ligue 1, le TFC se déplace en terres monégasque.
En ce qui concerne les Toulousains, l’objectif est de renouer avec la victoire à domicile après quatre matchs nuls consécutifs avec des prestations offensives compliquées tout le long du mois de mai, ne marquant qu’un petit but, celui d’Aboukhlal lors de la précédente journée au Stadium face à Auxerre. C’est aussi la dernière d’une saison historique pour le TFC qui termine à 13e place donc confortablement maintenu avec 45 points en plus évidemment de la victoire en coupe de France. Enfin, c’est le dernier match de Branco et Dupé avec le TFC ; Spierings et Dejaegere étant suspendu, ils ne pourront pas participer à la fête. On note aussi la présence d’une personne dont on va vite reparler sur la liste du match : King Rhys Healey.
En ce qui concerne Monaco l’objectif Europe continu bien qu’ils n’aient pas leur destin entre leurs mains. Avec 65 points, à égalité avec Rennes et un point derrière Le LOSC, ils doivent gagner en espérant une contreperformance d’une des deux équipe (respectivement contre Brest et Troyes). 2 de ces équipes partiront en Europe, la mieux classée rejoindra le TFC

En Europa League et l’autre en Ligue Conférence. En plus de cela est sur 3 matchs sans victoire (2 défaites et 1 nuls contre les concurrents directs). L’objectif est donc la victoire à tout prix pour les hommes de Philippe Clément pour espérer finir européen et pour finir au mieux cette saison qui est compliquée sur bien des aspects.

Les Formations

TFC :

On note un changement de dispositif en 3-4-3 avec Suazo et Kamanzi comme pistons qui vont beaucoup apportés sur les côtés laissant Chaïbi et Onaiwu voire Birmancevic dans les demi- espace, les offensifs permutant souvent au cours du match même si c’est principalement Farès qui se trouve dans l’axe dans une position de faux 9 qui décroche beaucoup pour créer des espaces dans la défense monégasque. C’est uniquement la cinquième fois de la saison que Philippe Montanier mettait en place ce système. L’objectif, on le verra est de simplifier la relance par des triangles simples et d’avoir une emprise sur la largeur, sans toutefois être en infériorité numérique au milieu de terrain.

AS Monaco

L’AS Monaco aligne son équipe type de la part de son désormais ex-entraîneur Philippe Clément.

I ) Une masterclass tactique de Montanier

Une nouvelle formation engendre naturellement des animations défensives et offensives différentes, surtout lorsque le nombre de défenseurs change. Comment s’animait le TFC lors de ce dernier match ?

L’animation défensive :

A la perte de balle, le pressing est actif uniquement quand le ballon se trouve entre les lignes, l’objectif est de forcer la relance par l’arrière et que le bloc puisse se mettre en place avec des lignes serrées autour de la lignes médiane de préférence. Pendant ce temps de repli défensif on voit tout de même des marquage individuels, c’est donc une double transition passant d’une phase offensive à un marquage individuel très court avant de faire une nouvelle transition en zone en 5-4-1.

Ce bloc est très solide dans l’axe forçant finalement les Monégasques à décrocher sur les côtés, ici à droite. En forçant sur les cotés en étant en supériorité numérique, Minamino et Vanderson repiquant pas mal au centre dans les demi-espaces couverts par la ligne des milieux.

Cela créer des situations où Kamanzi comme Suazo peuvent sortir sur leur vis-à-vis et ainsi les forcer à recycler la balle ou en essayant de combiner dans les petits espaces, difficile au vu de la rigueur défensive exercée par l’ensemble des Toulousains au cours de ce match.
C’est un bloc avec davantage d’espace entre les lignes que celui de la confrontation face à Nice lors de la 36e journée mais elle permet la même chose : pouvoir aller chercher haut et de manière à créer des situations d’avantage numérique très appréciable contre une équipe en manque de repères individuels et collectifs.
En situation offensive, la formation est la même avec les pistons très hauts cherchant la verticalité à tout prix. Il s’agit de combiner pour chercher la profondeur, en cela, le positionnement de Chaïbi permet de garder ce ballon et ainsi à Genreau ou Sierro particulièrement en forme de pouvoir atteindre les offensifs dans les cinq couloirs de jeu, théorie mise en place par Guardiola avec le grand Barça et peaufiner jusqu’à devenir une arme de destruction avec le Manchester City version 2022-2023 qui semble injouable. Le TFC, en plus de jouer sans leurs milieux magiques, ont réussi à trouver une formule plus que payante pour la saison suivante, un plan B face à des équipes comme Monaco qui aiment chercher la verticalité et des jeux dans les petits espaces pour créer des décalages sur les ailes.

Si Monaco, pour le grand public a été vu comme inoffensif et incapable de construire un jeu cohérant, il faut, à mon avis expliquer cela par le très bon travail d’analyse vidéo du staff du TFC qui a repéré ces difficultés à enchaîner et combiner dans les petits espaces avec finalement assez peu de liaisons entre les joueurs. Montanier a définitivement surclassé Philippe Clément lors de ce match, se voyant obligé de sortir Vanderson pour Akliouche qui a fait très mal tout le long du dernier quart d’heure dans les petits espaces. Heureusement pour nous, nos entrants aussi on fait mal à Monaco notamment VDB, qui nous a régalé une dernière fois nous a régalé par ses décalages et sa générosité avec ballon tout comme Aboukhlal, Ratao et Healey évidemment.

II ) Les Buts

0-1 : Aboukhlal

La domination toulousaine a mis du temps à se voir sur le tableau d’affichage, il faut attendre une transition offensive à la suite d’un corner monégasque et d’une frappe contrée par Costa en lançant, sans doute sans le vouloir, Chaïbi en profondeur laissant place à un 4 contre 4 avec les trois offensifs et Branco qui fait l’effort pour aider, il va malgré tout être assez largué par la vitesse.

Avec une merveille de passe de l’extérieur du droit à l’entrée de la surface pour Ratao qui se retrouve seul au second poteau qui a un face à face à jouer, néanmoins, il va prendre du temps et perdre le momentum engrangé au cours de l’offensive.

En contrôlant le ballon il permet à 6 Monégasques de revenir en défense. La frappe sera contrée et après un bon placement de Chaïbi qui se retrouve à jouer le ballon, il met le ballon devant la cage et Aboukhlal a juste besoin de pousser la balle au fond des filets.

1-2 : Healey

Il n’a fallu que 6 minutes pour King Rhys pour faire trembler une deuxième fois de la saison les filets adverses. On va revenir sur le dernier but de la saison du TFC et de la Ligue 1 de notre numéro 9.

Tout débute d’une récupération de Rouault, qui, en une touche de balle va chercher le long de la ligne et Aboukhlal, ceci grâce à une superbe protection de balle de Ratao qui permet à la balle de continuer son chemin puis qui se projette dans le demi-espace droit. On observe aussi évidemment l’intelligence de Healey qui reconnait les prémisses d’une action dangereuse. Il se projette dans l’espace libre.

Dans la continuité de l’action désormais célèbre dans la communauté du TFC, la défense monégasque met beaucoup de temps à se mettre en place. On remarque la passe du gauche de Ratao dans l’intervalle et le ralentissement de Healey pour rester en jeu tout en gardant une mobilité, heureusement a vu du retour monstrueux de Disasi à droite de la photo qui rattrape son retard et met beaucoup de pression sur Healey.

Malgré ce retour de l’international français, le meilleur buteur de Ligue 2 de la saison passée conclue magnifiquement bien l’action et voit venir Disasi. Healey met une merveille de ballon rendant l’impression que le ballon rétrécit, Nübel ne peut rien faire et peut faire sa course jusqu’au but.

Une victoire de prestige donc au vu du match totalement méritée, un match qui montre l’image du TFC : une équipe joueuse qui n’a pas peur de jouer de gros clubs, de bons présages pour L’Europa League ?

III ) On l’attendait

Ce match marque l’avènement de la réussite de la saison de retour dans l’élite. Ça a été un match dominé dans la globalité avec un super jeu proposé même avec ce 11 plus que remanié. Dominer à ce point un adversaire de ce calibre pour un match avec un tel enjeu pour eux est assez impressionnant surtout quand on se remémore le manque de réalisme ces derniers matchs et lors des confrontations contre les grosses écuries les difficultés à rapporter des points. Le second point étant qu’après le match perdu face à Lens, Philippe Montanier voulait donner comme objectif de finir invaincu lors des 5 derniers matchs du championnat. Néanmoins, les quatre confrontations suivantes terminent sur des nuls dans lesquels on ne reconnait plus trop ce TFC offensif qu’on avait l’habitude de voir tout au long de la saison. Il fallait donc attendre la dernière danse pour revivre ces émotions uniques. Cela m’emmène naturellement à un des grand moment de la saison : le retour de Rhys Healey, qui lors de son second ballon touché déclenche une merveille de frappe. On l’attendait et il nous a répondu qu’il était toujours le roi.

La joie collective des joueurs toulousains après le but de Rhys Healey

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Bienvenue à César Gelabert

César Gelabert avec le CD Mirandés

C’était attendu depuis plusieurs jours, c’est maintenant officiel, César Gélabert est la première recrue de l’été au TFC !
Le milieu espagnol de 22 ans (1m82, 69kg) arrive libre en provenance du CD Mirandes (2e division espagnole). Gelabert a débuté sa carrière au Real Madrid où il a fait toute sa formation. La joueur, vainqueur de l’Euro U17 était considéré comme une pépite et les plus grands clubs européens le supervisait. Mais deux grosses blessures au genou l’ont éloigné des terrains avant qu’il ne signe à Mirandes pour trouver du temps de jeu.

Cette saison, le jeune droitier espagnol a joué 25 matchs pour 2 buts et 4 passes décisives. Il peut jouer milieu offensif mais également sur le côté de l’attaque.
Reste à savoir pour le TFC si les blessures de Gelabert font désormais partie du passé et s’il va réussir à retrouver le niveau auquel il était attendu chez les jeunes.

Après le départ des trois milieu titulaires, il était nécessaire de recruter pour le Téfécé, et Gelabert est le premier à arriver sur les bords de la Garonne.
Bienvenue César

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Rhys Healey dans le groupe pour AS Monaco – TFC

Rhys Healey blessé le 21 Août dernier après TFC-Lorient

Bonne nouvelle pour clôturer cette saison 2022/2023, aujourd’hui en conférence de presse Philippe Montanier l’avait annoncé c’est maintenant certains avec le tweet du club, Rhys Healey fait ton retour dans le groupe pour le dernier match de la saison contre L’AS Monaco.

Maintenant il reste à savoir si il s’agit d’une dernière danse avec le maillot violet ou non.

Philippe Montanier à lui déclarer aujourd’hui en conférence de presse que le club et lui-même compte sur le britannique pour la saison prochaine. A suivre donc..

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Succès des jeunes du TFC

Malgré la défaite, dimanche, de nos U17 en demi-finale du Championnat de France, les autres catégories du centre de formation du TFC sont, elles, à l’affiche. Nos U11, U14 et U15 ont respectivement remporté la RISCUP 2023, le tournoi de l’Européen Mérois et le tournoi de Mérignac. Une belle performance de nos jeunes toulousains !

I ) Nos U11, vainqueur de la RIS CUP 2023

Phases de poule de la RIS CUP 2023

Nos Pitchouns participaient le 28 et 29 mai, à la RIS CUP 2023, soit le Tournoi international Frédéric Vial ayant lieu à Ris-Orangis dans le 91.

Nos U11 ont fini deuxième de la poule B qui regroupait l’US Créteil Lusitanos (victoire 4-0), Pierrots Vauban (victoire 3-0), RC Joinville (nul 1-1), US Grigny (nul 1-1) et USRO 4 (victoire 8-0). Cette deuxième place offre aux Toulousains, une qualification en « ligue des Champions », une phase regroupant les deux premiers de chaque groupe et les quatre meilleurs 3e.

Nos Pitchouns ne cessent, ensuite, de remporter les phases finales avec : une victoire en quart de finale au penalty contre l’US Senart Moissy, puis une victoire en demi contre le Sporting Club Portugal (1-0). Enfin, nos U11 remportent la finale et le tournoi en battant le FC Porto 3-2 lors de la séance de tirs au but.

Lors de cette deuxième partie de tournoi, le TFC se retrouve dans la poule D avec l’équipe du Clermont Foot, de l’ESA Linas Monthlery et des jeunes belges du KAA Gent. Nos U11 finissent ici premiers du groupe grâce à une victoire 4- 1 contre ESA Linas Monthlery, 1-0 contre Clermont et un nul 1-1 contre KAA Gent.

II ) Nos U14 remporte le tournoi de L’Européen Mérois

Classement de la 38 ème édition de L’Européen Mérois

Au même moment, se déroulait le tournoi U14 de l’Européen Mérois. Un tournoi, organisé par le club de l’US Mer depuis 1984, et qui regroupe de nombreuses équipes prestigieuses. De l’Olympique de Marseille, en passant par la Réal Sociedad, nos Pitchouns ont dû se batailler pour remporter cette 38e édition.

Les Toulousains terminent, tout d’abord, premier de leur poule (B) avec 11 points, grâce à des victoires contre les jeunes de l’Estac Troyes (2-0), et de l’Olympique Marseille (2-1).

Cette première place leur permet d’être qualifié pour les quarts de finale du tournoi qui opposeront nos Pitchouns à l’ AJ Auxerre. Victoire 1-0 pour les Toulousains.

En demi finale du tournoi, nos U14 remportent, ensuite, leur match 2-0 contre le stade Rennais, ce qui leur offre un ticket pour la finale. Une finale qui les oppose aux jeunes de la Real Sociedad. A nouveau, nos Pitchouns s’imposeront 1-0.

III ) Nos U15 Vainqueur du Tournoi de Mérignac

Pour finir, nos U15 participaient au tournoi de Mérignac se déroulant le 27 et 28 mai.

Les toulousains finissent, ici, deuxième de leur poule (B) derrière Dijon FCO.

            Résultat :

  • Dijon FCO 1-0 Toulouse FC
  • FC Martignas Illac 0-6 Toulouse FC
  • Toulouse FC 3-0 St Lo Mache FC

Malgré cette deuxième place, nos Pitchouns sont qualifiés en 8e de finale contre le 1er du groupe A : Jeunesse Villenave. Une équipe dont il faut se méfier puisqu’elle finit 1ere d’une poule composée du FC Nantes, du Clermont Foot et de nos voisins montalbanais (Montauban FC). Mais nos U15 remportent facilement leur match 3-0.

Nos Pitchouns enchaînent ensuite les victoires dans ces phases finales :  2-0 contre le Bergerac Foot en quart, puis 4-1 contre le Royal Charleroi SC en demi-finale.

En finale, les Toulousains rencontrent le rival bordelais.

Une finale que nos U15 remporteront aux tirs au but. (3-2)

Les U15 du TFC avec le trophée 🏆

Félicitations à nos équipes jeunes pour ses belles performances !

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L’œil de Marius #2 TFC – AJA

Le contexte du Match :

Nos toulousains à l’échauffement


Le 27 mai, le TFC réceptionne Auxerre à l’occasion de la 37e journée de Ligue 1. Le match a lieu à 21 heures lors du multiplex où les dix matchs se jouent simultanément.
Pour les Auxerrois, l’enjeu du match se résume en un seul mot : Maintien. Classés 16e avant le match, à une longueur de Nantes (34 points pour les Auxerrois et 33 pour les Nantais avec un goal average en faveur de ces derniers).

Il faut donc s’imposer en terres occitanes pour les visiteur pour rêver d’une seconde saison dans l’élite française.
Quant aux Toulousains, l’objectif est de renouer avec la victoire à domicile, mais aussi de retrouver le chemin des buts, car cela fait depuis la finale de la coupe de France le 29 avril dernier qu’ils n’ont pas marqué, et la prestation offensive en demi-teinte lors du dernier match contre l’OGC Nice n’a pas rassuré les Toulousains malgré des bons mouvements offensifs (lien du premier œil de Marius).

L’autre objectif, tout aussi important, voire plus est de saluer le dernier match de quatre légendes du TFC qui auront écrits l’Histoire récente du club, à savoir, Dupé, Dejaegere, Spierings et Van den Boomen qui disputent leurs dernier match au Stadium. Dejaegere, à la 65e minute puis Spirings, lors de la 73e minute auront le droit à des ovations lors de leurs sorties ; respectivement par Chaïbi et par Sierro.

Les Formations :

TFC : 4-3-3 pointe basse.
Auxerre : 3-5-2.

I) Un pressing élevé et maintenu

Tout le long du match les Toulousains ont maintenu un pressing intense à la perte de balle. Celui-ci était particulièrement efficace avant l’ouverture du score auxerroise. Ici, le cas choisi est à la 18e où Spierings, comme à son habitude et comme un symbole récupère proprement un ballon dans le dernier tiers adverse grâce à un pressing collectif initié par Dallinga.

Le premier screen montre les Auxerrois obligés de reculer de 30 mètres à cause du pressing toulousain emmené par Dallinga et parfaitement suivi par Dejaegere. Bien sûr, Jubal peut facilement jouer sur Touré mais cela serait inefficace car Ratao que l’on voit en bas commence à monter en intensité pour rejoindre le défenseur prêté par l’OM. Ainsi Jubal se retrouve forcé de jouer sur Massendo. Mais…

C’était sans compter sur l’intervention du monstre défensif du TFC : Stijn Spierings qui va faire une interception exceptionnelle dans les pieds de Massendo malgré un retard d’environ 5 mètres, mais justement, c’est grâce à cela qu’il peut l’emporter avec une impression de propreté et de facilité assez déconcertante.

Spierings qui en plus de récupérer ce ballon, va en plus provoquer la faute et le carton jaune sur Massendo qui n’a pas d’autres choix car un 4 contre 3 allait débuter. Cette action reflète parfaitement ce qu’a apporté Spierings tout le long de son passage au TFC : un 6 pur avec une intelligence de jeu hallucinante.

II ) Comment expliquer l’ouverture du score de L’AJA ?

Alors que le match semblait métrisé de la part des Toulousains qui s’étaient procuré les meilleures occasions en plus de la forte intensité mise en place lors du jeu sans ballon, c’est pourtant les Auxerrois qui ouvrent le score. Comment l’expliquer ?

A la suite d’une longue phase de possession dans la moitié de terrain toulousaine, les Auxerrois trouvent l’ouverture une première fois avec Sinayoko qui voit sa frappe contrée par le très bon retour d’Anthony Rouault. Le ballon retombe dans les pieds de Raveloson qui n’est pas attaqué par Dejaegere et qui peut magnifiquement enroulé ce ballon et tromper Dupé qui ne peut rien faire sur celle-ci. C’est le premier but encaissé depuis 351 minutes de jeux par le TFC et le but de Loïs Openda lors de la victoire 0-1 des Lensois au Stadium.

III ) Quelles conséquences sur le match ?

Auxerre mène donc 0-1 sur la pelouse du Stadium, cela change la manière dont ils appréhendent le match. En effet, au début de celui-ci, ils mettent en place un bloc médiant compact dans la largeur avec des intervalles difficiles à négocier forçant les Toulousains à jouer sur les côtés.

Ce 5-3-2 voire un 5-1-2-1-1 était compliqué à négocier, cela est dû au placement très intelligent de Touré. Le capitaine auxerrois bloque totalement les déplacements libres dans l’espace central et joue le rôle de communicant principal qui synchronise l’ensemble du bloc de son équipe.

Il n’y a que très peu de sortie de fonctions lors des phases défensives. Chaque joueur à un rôle. Les joueurs offensifs coupent les lignes de passes, les milieux et les défenseurs défendent chacun des zones.

Il faut donc, pour les Toulousains des prestations individuelles et techniquement de haut niveau. Pour cela, les latéraux ont beaucoup apporté, notamment Desler dans cette action qui va remporter un duel face à Massendo puis chercher Dejaegere qui voit son centre contré par Jubal.

IV ) L’analyse du but de Aboukhlal

Juste avant la mi-temps, Aboukhlal remet les deux formations à dos-à-dos à la suite d’un merveilleux mouvement collectif. Décryptons-le. Tout d’abord, cela part d’une sortie de balle côté gauche où il y aura une succession de mouvement et de jeu sans l’espace entouré.

Branco va se déplacer dans cet espace libre et distiller une merveille de passe en première intention qui prend tout le flanc droit de la défense à revers en trouvant Rafael Ratao dans une position préférentielle.

Ensuite, une fois le couloir libéré par ce mouvement intelligent des Toulousains Ratao a juste à attaquer l’espace qu’il a à sa disposition.

Néanmoins ce serait oublié la qualité de l’appel d’Aboukhlal sur cette action qui va totalement berner Touré le prenant à contre-pied. Tout d’abord, il demande, ou fait mine de demander la balle à l’entrée de la surface, mais, il va subitement, une fois Touré aspiré dans cet espace changer de direction en faisant un appel second poteau.

Touré est trop court et Radu ne peut rien face à la tête plongée de l’international marocain. Une magnifique action collective conclue à la perfection par l’ailier toulousain.

V ) Le raté de Dallinga

A la 56e minute, le TFC se procure une occasion à la suite d’un mouvement collectif typique de ce qu’ils proposent depuis le début de la saison.
Cela part d’une récupération de balle de Suazo lors d’une offensive dans le demi-espace droit menée par Massendo qui n’appuie pas suffisamment sa passe pour Hein.

On observe ici que les Auxerrois sont placés dans la moitié droite du terrain, il y a de ce côté un 5 contre 5 à négocier, ce qui n’est vraiment pas simple. Néanmoins de l’autre côté, il n’y a personne. Suazo et la défense toulousaine ne va pas prendre de risque et va faire circuler le ballon jusqu’à Desler.

Même si le bloc a suivi, ils ne l’ont pas fait assez vite, et à la suite d’un bon mouvement d’Aboukhlal, Desler peut le chercher et ainsi attaquer le grand espace.

L’action se déroule assez vite, les défenseurs auxerrois peinent à suivre les Toulousains. Dès cet instant, Dallinga comprend et, grâce à une merveille de passe d’Aboukhlal se retrouve en face-à-face avec le portier adverse. Malheureusement, la première touche de balle est un peu trop excentrée, il ne peut donc pas enchainer convenablement.

Une fois dans cette position, il tarde à prendre la décision. Il a deux choix : soit il joue sur Ratao avec un centre à ras de terre au second poteau ou bien le face-à-face. Le retour à mon sens salvateur de Touré qui va bloquer le centre, qui est l’option la plus dangereuse force Dallinga à jouer le duel.

On voit sur ce screen ce retour plus que salvateur, empêchant de Dallinga de centrer, de ralentir pour trouver Branco qui s’était bien projeté et force Dallinga à trouver une frappe en déséquilibre et de frapper en hauteur. Après cette action VDB ne comprend pas pourquoi son coéquipier n’a pas joué sur lui, maintenant nous comprenons les raisons pour lesquelles cela était impossible.

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