Interview Jacques Breda.

En ce 1er Août , Media Tolosa a envoyé son duo sur le terrain.

Blanco et Anthony ont profité d’un joli matin d’été pour s’installer en terrasse d’un café toulousain, là où l’ombre des platanes danse doucement sur les tables. Leur invité du jour ? Un certain Monsieur Jacques Breda.

Speaker légendaire du Toulouse Football Club de 1995 à 2017, il a prêté sa voix aux plus grands moments du Téfécé durant plus de deux décennies. Anecdotes, souvenirs, et passion du ballon rond étaient bien évidemment au menu.

MT : Bonjour Monsieur Breda. Pour commencer, pourriez-vous vous présenter, pour celles et ceux qui ne vous connaîtraient pas encore, si jamais certaines personnes ne vous connaissent pas [ Rires* ]

JB : Alors, Jacques Breda j’ai aujourd’hui 68 ans. Je suis arrivé au Toulouse Football Club en 1995, lors de la saison 1994/1995. À ce moment-là, il restait encore cinq matchs de championnat, dont trois à domicile. Mon tout premier match en tant que speaker, c’était contre Dunkerque. Et l’aventure a duré jusqu’en 2017, soit 22 années sans rater un seul match… à l’exception d’une seule mi-temps, que j’ai dû manquer pour des raisons professionnelles.

MT : Vous êtes aussi le speaker de l’US Colomiers Rugby depuis de nombreuses années, si nos souvenirs sont justes, non ?

JB : Oui, tout à fait ! L’enchaînement exact, c’est d’abord le TFC en 1995. Puis, en novembre 1999, on me propose de rejoindre l’US Colomiers Rugby, à trois matchs de la trêve. J’ai accepté, et depuis, je ne les ai jamais quittés. Aujourd’hui, j’en suis à ma 26e saison avec le club. Une belle aventure humaine et sportive qui continue encore aujourd’hui.

En 2003, c’est le Castres Olympique qui fait appel à moi. J’y officie jusqu’en 2010. Puis, cette année-là, c’est le Stade Toulousain qui me contacte, par l’intermédiaire de Monsieur René Bouscatel. J’accepte cette nouvelle mission, et au final, j’y resterai huit saisons, de 2010 jusqu’en 2018.

MT : Pour vous, quel est votre meilleur souvenir en tant que speaker du Toulouse Football Club ?Notamment, peut-être, la qualification pour le tour préliminaire de la Ligue des Champions après la victoire 3-1 contre les Girondins de Bordeaux.

JB : Alors bien évidemment, celui-là on peut le citer. Mais pour moi, mes meilleurs souvenirs, ce sont tous les matchs que j’ai pu faire au Stadium. J’adorais ça, tout simplement, pour une raison très simple : j’étais supporter du TFC, et je le suis encore aujourd’hui. J’avais le plaisir d’animer les matchs et de faire énormément de choses autour du club.

C’était toujours un plaisir pour moi d’aller au Stadium. Alors bien sûr, il y a le match contre Liverpool, qui reste un moment fort. Mais au-delà du TFC, il y a aussi le Stadium en lui-même : j’ai eu la chance d’y participer à la Coupe du monde 1998. Tout ce que j’ai vécu là-bas reste un excellent souvenir, même dans les périodes plus difficiles du club. Ça fait aussi partie de notre histoire.

Cetto Ebondo Elmander Bergougnoux Douchez Emana Cesar Mathieu Dieuze Siriex Fofana
Jeremy Mathieu en plein duel avec Javier Mascherano

MT : Du coup, vous continuez à suivre de près le TFC aujourd’hui ?

JB : Oui, oui, je continue de suivre le TFC. En revanche, je ne suis plus un habitué du Stadium. Depuis mon départ en 2017, je n’y suis retourné que trois ou quatre fois. Le dernier match auquel j’ai assisté, c’était la saison dernière, en Coupe de France, contre Laval. Mais oui je continue à suivre le club et je suis d’ailleurs un peu inquiet…

MT : Vous êtes inquiet par ce qu’il se passe en ce moment autour du TFC ?

JB : Oui, forcément, on est toujours un peu inquiet quand des groupes comme RedBird arrivent. Même si, honnêtement, je pense que Damien Comolli a fait du bon travail. On ne peut pas lui reprocher grand-chose : il avait ses méthodes, son style de management, qui lui sont propres, mais ce n’était pas vraiment à nous d’en juger.

On savait qu’un jour ou l’autre, il finirait par partir. Et cette année, je dois dire que je suis un peu inquiet. Le recrutement me semble avancer lentement, et on perçoit aussi certaines tensions sur le plan financier. Par exemple, notre nouvelle recrue, Santiago Hidalgo, toucherait une rémunération bien inférieure à celle de certains joueurs arrivés avant lui. C’est le genre de détail qui interpelle.

MT : Que pensez-vous de notre nouveau président, Olivier Cloarec 

JB : J’ai observé sa carrière, et le club phare de son parcours reste le Stade Rennais. Moi, ce que j’attends de lui, comme de n’importe quel président c’est qu’il mette en place une politique plus durable, notamment en matière de recrutement. Qu’il sache identifier les bons profils, sans forcément tout miser sur les prêts ou les paris.

Mais surtout, j’attends qu’il réussisse à faire progresser le TFC à un niveau convenable. Il faudrait peut-être accélérer les choses, parce que la reprise du championnat, c’est déjà dans 15 jours…

MT : Quel est votre avis sur Carles Martinez Novell ?

JB : Le comportement d’un entraîneur, on l’évalue à travers les résultats de l’équipe, mais aussi à travers son analyse des matchs. J’ai regardé le match amical contre Leipzig, où on perd 7-0, et j’ai eu du mal à entendre Carles dire : « Tout n’a pas été négatif. » Franchement, après une telle défaite, c’est difficile à avaler.

Je pense qu’on a énormément perdu avec le départ de Montanier. Concernant Carles, je n’ai pas encore d’avis tranché, mais pour le moment, ce n’est pas quelqu’un qui me fait vibrer. Un entraîneur, ça doit être un meneur d’hommes et je ne suis pas certain que ce soit son cas.

MT : Revenons sur votre passage au TFC : quel est votre top 5 des joueurs que vous avez vus passer au club pendant toutes vos années au micro du Stadium ?

JB : Alors bien évidemment, on pense beaucoup aux attaquants. Moi, le premier joueur que j’ai adoré et avec qui je suis d’ailleurs resté un peu en contact aujourd’hui c’est François Calderaro

François Calderaro attaquant du Toulouse Football Club de 1994 à 1997.

C’était un personnage atypique, un vrai baroudeur. Il mettait la tête là où certains n’osaient même pas mettre le pied. Un véritable renard des surfaces.

Ensuite, évidemment, il y a Johan Elmander, qui a beaucoup marqué le club par ses buts

Johan Elmander attaquant du TFC de 2006 jusqu’en 2008

Il y a aussi un joueur que j’ai beaucoup apprécié : un milieu de terrain qui fut même capitaine du TFC, Thierry Moreau. C’était un vrai joueur élégant, un excellent capitaine, très fin dans son jeu.

Thierry Moreau milieu de terrain du TFC de 1994 jusqu’en 2001

Bon, ensuite, il y a des joueurs comme Ben Yedder, que j’ai vu arriver du futsal, sans oublier André-Pierre Gignac. Même si la première année on a un peu couru après ses performances, à partir de la deuxième année, il a été tout simplement exceptionnel.

Après il y aussi des joueurs comme Achill Emana.

Et puis il y a Christophe aussi… Christophe Revault. Avec lui, j’ai une histoire qui m’a profondément rapproché de lui, notamment après la catastrophe d’AZF. On s’est retrouvés lors du match suivant, à Ernest-Wallon qui n’était pas encore le stade qu’on connaît aujourd’hui.

Christophe avait été profondément marqué, psychologiquement, par cette catastrophe. Ce qu’il a vécu chez lui, avec sa petite fille présente au moment de l’explosion… c’était lourd, vraiment.

Et puis il y a ce premier match qu’on a joué à Ernest-Wallon… Quelques minutes avant le coup d’envoi, il était encore sur le terrain. J’ai parlé, au micro, du courage qu’il avait de jouer après la catastrophe. Le stade a applaudi. Quand il est sorti du terrain après l’échauffement, il a retiré ses gants avec son nom dessus , il m’a tapé sur l’épaule, m’a fait une bise, et m’a donné ses gants.

Et quand il est malheureusement décédé, ça m’a fait beaucoup de peine.

MT : Vous avez donc apprécié le fait que le club donne son nom à l’une des tribunes du Stadium ?

JB : Oui, bien sûr. Tout comme quand le club a décidé de renommer le virage en “Virage Brice Taton”. Même si, en tant que supporter, je ne le connaissais pas personnellement, son histoire m’a profondément touché. Mourir comme ça, en allant simplement supporter son équipe… c’est tout simplement affreux.

JB : Pour revenir aussi sur un joueur ça me revient maintenant je pense à un homme comme Prunier, par exemple. William, c’était un gars tout simplement exceptionnel… mais avec un sacré caractère de cochon [rires]. Il n’a pas hésité à relancer sa carrière en venant au Stadium, sans être payé au départ, et avec un contrat basé sur les matchs joués. Un vrai passionné, un mec entier.

JB : Après, vous savez, moi je suis comme Saint Thomas : je ne crois que ce que je vois. Parfois, on nous annonce des équipes extraordinaires avec des recrutements impressionnants, et au final… ça ne marche pas. Et d’autres fois, on part avec une équipe pleine d’incertitudes, et ça fonctionne. Donc attendons de voir. Mais pour le moment, au TFC, ça ne plaide pas vraiment en faveur de l’optimisme.

MT : Tu aurais un mot pour nos deux speakers actuels du TFC, Pierre et Olivier ?

JB : Oui, ce sont deux très bons gars avec qui je n’ai aucun problème. Pierre, je l’ai connu dès son arrivée au club. Il s’est occupé un peu de la sécurité, il avait un rôle dans la gestion des matchs. Et Olivier, je le connais bien aussi. Je l’ai vu démarrer quand il était jeune : il venait faire des animations avec des ballons et tout ça.

MT : Merci Monsieur Bréda pour cette magnifique interview. Pour finir, qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour cette saison ? Une montée en Top 14 avec Colomiers, peut-être ?

JB : Alors oui, que Colomiers réalise la meilleure saison possible. L’an dernier, on sort d’une bonne saison : on termine troisièmes de la phase régulière de Pro D2. Mais voilà, en barrage, on joue à domicile contre Montauban, le stade est archi plein… et tu dois le gagner, ce match-là. Même si Montauban a été la meilleure équipe sur la phase à élimination directe. Après, advienne que pourra.

Et pour finir, ce que vous pouvez me souhaiter, c’est de continuer à faire beaucoup de matchs, d’animations… et surtout de garder la forme !

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Un commentaire

  1. Avatar de Didier Didier dit :

    Au Top l’interview bravo les gars.

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