LE TÉFÉCÉ ET L’EUROPE #1 : 1966

Début juin, Damien Comolli réaffirmait, dans une conférence de presse, que le Toulouse FC participera bien à l’Europa League pour la saison 2023-2024. Suite à sa victoire en coupe de France, le Toulouse FC retrouve donc la compétition européenne après plus de 13 ans d’attente. Le tirage au sort, à retrouver le 1er septembre 2023, permettra de connaître les futurs adversaires du groupe du TéFécé. Alors que des grands noms du football européen pourraient (re)venir au Stadium, les
« Violets » s’apprêtent à écrire une nouvelle page de leur histoire.

Cet article est le premier d’une série de cinq épisodes retraçant les différents parcours historiques du club en Europe. Une histoire fragmentée au fil des décennies, souvent éphémère, mais qui marque à chaque fois sa génération, et traduit une constante capacité du club à se relever après les échecs.

Prêt pour un petit voyage dans le temps ?

Un voyage qui débute en 1966, dans une ville sous l’influence des Beatles et de son style vestimentaire… A l’affiche le nouveau film de Gérard Oury avec Louis de Funès : La Grande Vadrouille. Une autre époque !
C’est ici que nos toulousains débutent leur aventure européenne.

Du moins officiellement. Auparavant, Le T.F.C a déjà rencontré des écuries européennes lors de matchs amicaux. Sa victoire en coupe de France (1957), lui permet d’affronter le vainqueur de la FA
Cup, Aston Villa. Victoire 2-1 pour Toulouse. Par ailleurs, le TFC se
confronte aussi au Milan A.C, à l’Ajax, voire au Réal Madrid. Mais que
dans le cadre de rencontres amicales.

I ) 1966- Une remontada pour débuter…

Les Toulousains découvrent, en 1966, la coupe des villes de foire, l’ancêtre de la coupe UEFA, puis de l’Europa League. Pour leur première à l’une des grandes compétitions des années 50 et 60, le TFC se confronte au second tour au Dinamo Piteşti (Roumanie), lui aussi nouveau dans l’exercice, et son joueur phare Nicolae Dobrin, élu meilleur joueur de Roumanie en 1966 et 1967 et considéré comme l’un des meilleurs de l’histoire de son pays.

Un dicton populaire affirme que « lorsque Dieu inventa l’homme, il créa Adam et Eve. Lorsqu’ ensuite il inventa le football, il créa Nicolae Dobrin ». Ça en dit long sur la dimension du joueur !
Piteşti est une ville de taille moyenne (60k habitants) se situant à une centaine de kilomètres au Nord-Ouest de Bucarest la capitale. Sa renommée internationale ? Son secteur industriel et ses usines Dacia (Renault) dont l’installation débute en 1966.
Les joueurs du Dinamo revêtent alors un maillot… violet. L’histoire retient, donc, que le premier club a jouer Toulouse en Europe est en violet, couleur que n’arborera le TFC qu’à partir de la saison 1979-1980.

L’équipe du Toulouse Football Club en 1966-1967 :
Debout de g. à d. : A. Guissepin – J. Mouthon – M. Richard – C. Monnin- H. Cros- R. Bruneton Accroupis de g. à d. : C. Faure -J. Bernard- P. Dorsini – E. Wojciak – J-A. Redin.

Les Toulousains prennent une bonne avance au match aller (19/10/1966), en menant 3-0 devant un Stadium vidé de ses supporters ( seulement 4 000 spectateurs). Une victoire acquise par un but d’Abderhamman Soukhane (32e) et un doublé de Pierre Dorsini (42e et 45e), meilleur buteur de l’histoire du TFC avec ses 104 buts entre 1957 et 1967.

Le joueur, que l’on surnommait « Monsieur un But par Match »,« M. Canon », ou encore « le chouchou du Stadium », a fortement marqué son empreinte dans le club et dans le cœur des supporters.

Pierre Dorsini, meilleur buteur de l’histoire du Toulouse FC avec 104 buts.

Mais cette participation européenne cache des problèmes plus profond au sein du club. Entre difficultés économiques, mauvais résultats et un jeu jugé trop défensif, l’Europe ne suffit pas à mobiliser les supporters de la ville rose.

Les Toulousains se rendent donc à Piteşti (26/ 10/ 1966) avec l’espoir d’une qualification en huitième de finale. Une qualification d’autant plus envisageable suite à une première mi-temps qui renvoie les deux équipes à égalité (1-1). Une égalité acquise par un autre attaquant phare du Toulouse FC : Édouard Wojciak. Le français marqua pour le Toulouse FC de 1963 à 1967 puis à l’US Toulouse de 1973-1976, et son nom fut à l’honneur dans de nombreux chants. « Wojciak ! Wojciak » se remémore les plus anciens.

Pierre Dorsini (tout à gauche) et Édouard Wojciak (tout à droite) devant le siège social du Toulouse FC (11 allées Président-Roosevelt) en Juillet 1965

Mais le manque d’expérience des « Rouges et Blancs » se fait ressentir au retour des vestiaires. En moins de 8 minutes, les Toulousains encaissent 3 buts.

Malgré cela, les Toulousains demeurent qualifiés. Mais c’est sans compter les nombreux supporters roumains (15 000 spectacteurs) qui poussent leurs joueurs jusqu’à la dernière minute…
90e minute, but de Mihai Turcan, 5-1, élimination du T.F.C.

Programme distribué avant le match retour Dinamo Pitesti- Toulouse FC

Cette faillite européenne symbolise l’échec sportif et économique du club à l’échelle nationale. Le club termine 17e du championnat et les caisses du club sont plus que vides. Le président Doumeng est alors obligé d’acter la fusion du TFC avec le Red Star à la fin de la saison.

Une fusion avec un club à plus de 500 km. Quelle drôle d’idée ! Une sacré histoire (que l’on se devra de vous raconter). Cette décision entérine, alors, la disparition du football professionnel à Toulouse. Dû moins jusqu’en 1970…

Prochain Épisode : 1986- Le T.F.C à la Une ! #2 le Téfécé et l’Europe.

Un article qui reviendra sur le match anthologique contre le Naples de Maradona, ainsi que la nouvelle désillusion des toulousains contre le Spartak Moscou.

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