L’Oeil de Marius #3 AS Monaco – TFC

Le Contexte du match :

Le 3 juin 2023, à l’occasion de la dernière journée de la saison de Ligue 1, le TFC se déplace en terres monégasque.
En ce qui concerne les Toulousains, l’objectif est de renouer avec la victoire à domicile après quatre matchs nuls consécutifs avec des prestations offensives compliquées tout le long du mois de mai, ne marquant qu’un petit but, celui d’Aboukhlal lors de la précédente journée au Stadium face à Auxerre. C’est aussi la dernière d’une saison historique pour le TFC qui termine à 13e place donc confortablement maintenu avec 45 points en plus évidemment de la victoire en coupe de France. Enfin, c’est le dernier match de Branco et Dupé avec le TFC ; Spierings et Dejaegere étant suspendu, ils ne pourront pas participer à la fête. On note aussi la présence d’une personne dont on va vite reparler sur la liste du match : King Rhys Healey.
En ce qui concerne Monaco l’objectif Europe continu bien qu’ils n’aient pas leur destin entre leurs mains. Avec 65 points, à égalité avec Rennes et un point derrière Le LOSC, ils doivent gagner en espérant une contreperformance d’une des deux équipe (respectivement contre Brest et Troyes). 2 de ces équipes partiront en Europe, la mieux classée rejoindra le TFC

En Europa League et l’autre en Ligue Conférence. En plus de cela est sur 3 matchs sans victoire (2 défaites et 1 nuls contre les concurrents directs). L’objectif est donc la victoire à tout prix pour les hommes de Philippe Clément pour espérer finir européen et pour finir au mieux cette saison qui est compliquée sur bien des aspects.

Les Formations

TFC :

On note un changement de dispositif en 3-4-3 avec Suazo et Kamanzi comme pistons qui vont beaucoup apportés sur les côtés laissant Chaïbi et Onaiwu voire Birmancevic dans les demi- espace, les offensifs permutant souvent au cours du match même si c’est principalement Farès qui se trouve dans l’axe dans une position de faux 9 qui décroche beaucoup pour créer des espaces dans la défense monégasque. C’est uniquement la cinquième fois de la saison que Philippe Montanier mettait en place ce système. L’objectif, on le verra est de simplifier la relance par des triangles simples et d’avoir une emprise sur la largeur, sans toutefois être en infériorité numérique au milieu de terrain.

AS Monaco

L’AS Monaco aligne son équipe type de la part de son désormais ex-entraîneur Philippe Clément.

I ) Une masterclass tactique de Montanier

Une nouvelle formation engendre naturellement des animations défensives et offensives différentes, surtout lorsque le nombre de défenseurs change. Comment s’animait le TFC lors de ce dernier match ?

L’animation défensive :

A la perte de balle, le pressing est actif uniquement quand le ballon se trouve entre les lignes, l’objectif est de forcer la relance par l’arrière et que le bloc puisse se mettre en place avec des lignes serrées autour de la lignes médiane de préférence. Pendant ce temps de repli défensif on voit tout de même des marquage individuels, c’est donc une double transition passant d’une phase offensive à un marquage individuel très court avant de faire une nouvelle transition en zone en 5-4-1.

Ce bloc est très solide dans l’axe forçant finalement les Monégasques à décrocher sur les côtés, ici à droite. En forçant sur les cotés en étant en supériorité numérique, Minamino et Vanderson repiquant pas mal au centre dans les demi-espaces couverts par la ligne des milieux.

Cela créer des situations où Kamanzi comme Suazo peuvent sortir sur leur vis-à-vis et ainsi les forcer à recycler la balle ou en essayant de combiner dans les petits espaces, difficile au vu de la rigueur défensive exercée par l’ensemble des Toulousains au cours de ce match.
C’est un bloc avec davantage d’espace entre les lignes que celui de la confrontation face à Nice lors de la 36e journée mais elle permet la même chose : pouvoir aller chercher haut et de manière à créer des situations d’avantage numérique très appréciable contre une équipe en manque de repères individuels et collectifs.
En situation offensive, la formation est la même avec les pistons très hauts cherchant la verticalité à tout prix. Il s’agit de combiner pour chercher la profondeur, en cela, le positionnement de Chaïbi permet de garder ce ballon et ainsi à Genreau ou Sierro particulièrement en forme de pouvoir atteindre les offensifs dans les cinq couloirs de jeu, théorie mise en place par Guardiola avec le grand Barça et peaufiner jusqu’à devenir une arme de destruction avec le Manchester City version 2022-2023 qui semble injouable. Le TFC, en plus de jouer sans leurs milieux magiques, ont réussi à trouver une formule plus que payante pour la saison suivante, un plan B face à des équipes comme Monaco qui aiment chercher la verticalité et des jeux dans les petits espaces pour créer des décalages sur les ailes.

Si Monaco, pour le grand public a été vu comme inoffensif et incapable de construire un jeu cohérant, il faut, à mon avis expliquer cela par le très bon travail d’analyse vidéo du staff du TFC qui a repéré ces difficultés à enchaîner et combiner dans les petits espaces avec finalement assez peu de liaisons entre les joueurs. Montanier a définitivement surclassé Philippe Clément lors de ce match, se voyant obligé de sortir Vanderson pour Akliouche qui a fait très mal tout le long du dernier quart d’heure dans les petits espaces. Heureusement pour nous, nos entrants aussi on fait mal à Monaco notamment VDB, qui nous a régalé une dernière fois nous a régalé par ses décalages et sa générosité avec ballon tout comme Aboukhlal, Ratao et Healey évidemment.

II ) Les Buts

0-1 : Aboukhlal

La domination toulousaine a mis du temps à se voir sur le tableau d’affichage, il faut attendre une transition offensive à la suite d’un corner monégasque et d’une frappe contrée par Costa en lançant, sans doute sans le vouloir, Chaïbi en profondeur laissant place à un 4 contre 4 avec les trois offensifs et Branco qui fait l’effort pour aider, il va malgré tout être assez largué par la vitesse.

Avec une merveille de passe de l’extérieur du droit à l’entrée de la surface pour Ratao qui se retrouve seul au second poteau qui a un face à face à jouer, néanmoins, il va prendre du temps et perdre le momentum engrangé au cours de l’offensive.

En contrôlant le ballon il permet à 6 Monégasques de revenir en défense. La frappe sera contrée et après un bon placement de Chaïbi qui se retrouve à jouer le ballon, il met le ballon devant la cage et Aboukhlal a juste besoin de pousser la balle au fond des filets.

1-2 : Healey

Il n’a fallu que 6 minutes pour King Rhys pour faire trembler une deuxième fois de la saison les filets adverses. On va revenir sur le dernier but de la saison du TFC et de la Ligue 1 de notre numéro 9.

Tout débute d’une récupération de Rouault, qui, en une touche de balle va chercher le long de la ligne et Aboukhlal, ceci grâce à une superbe protection de balle de Ratao qui permet à la balle de continuer son chemin puis qui se projette dans le demi-espace droit. On observe aussi évidemment l’intelligence de Healey qui reconnait les prémisses d’une action dangereuse. Il se projette dans l’espace libre.

Dans la continuité de l’action désormais célèbre dans la communauté du TFC, la défense monégasque met beaucoup de temps à se mettre en place. On remarque la passe du gauche de Ratao dans l’intervalle et le ralentissement de Healey pour rester en jeu tout en gardant une mobilité, heureusement a vu du retour monstrueux de Disasi à droite de la photo qui rattrape son retard et met beaucoup de pression sur Healey.

Malgré ce retour de l’international français, le meilleur buteur de Ligue 2 de la saison passée conclue magnifiquement bien l’action et voit venir Disasi. Healey met une merveille de ballon rendant l’impression que le ballon rétrécit, Nübel ne peut rien faire et peut faire sa course jusqu’au but.

Une victoire de prestige donc au vu du match totalement méritée, un match qui montre l’image du TFC : une équipe joueuse qui n’a pas peur de jouer de gros clubs, de bons présages pour L’Europa League ?

III ) On l’attendait

Ce match marque l’avènement de la réussite de la saison de retour dans l’élite. Ça a été un match dominé dans la globalité avec un super jeu proposé même avec ce 11 plus que remanié. Dominer à ce point un adversaire de ce calibre pour un match avec un tel enjeu pour eux est assez impressionnant surtout quand on se remémore le manque de réalisme ces derniers matchs et lors des confrontations contre les grosses écuries les difficultés à rapporter des points. Le second point étant qu’après le match perdu face à Lens, Philippe Montanier voulait donner comme objectif de finir invaincu lors des 5 derniers matchs du championnat. Néanmoins, les quatre confrontations suivantes terminent sur des nuls dans lesquels on ne reconnait plus trop ce TFC offensif qu’on avait l’habitude de voir tout au long de la saison. Il fallait donc attendre la dernière danse pour revivre ces émotions uniques. Cela m’emmène naturellement à un des grand moment de la saison : le retour de Rhys Healey, qui lors de son second ballon touché déclenche une merveille de frappe. On l’attendait et il nous a répondu qu’il était toujours le roi.

La joie collective des joueurs toulousains après le but de Rhys Healey

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